1/3 Comment passer au mode Manuel en 3 étapes

Le mode Manuel fait peur !!!

Vous ne jurez que par le mode automatique parce que le mode manuel vous fait peur. Vous êtes intimement persuadé que les automatismes de votre appareil vous permettent de faire de bien meilleures photos.
Si vous êtes comme moi, vous avez déjà eu la désagréable expérience de découvrir que vos photos étaient inexploitables. Trop sombre, complètement floues, trop claires, mal cadrées et j’en passe…

J’ai découvert la photo un peu par hasard sans vraiment m’y être intéressé et sans me douter de ce dans quoi je m’embarquais. Au début, comme tout débutant, j’avais une confiance aveugle en mon appareil photo. Quand je raté une photo, une voix intérieure me disait “mais arrête les dégâts, tu vois bien au fond de toi que tu n’est pas fait pour la photo”.

Je ne remettais absolument jamais en cause mon appareil photo et ces capacitésAttention, je ne dis pas que toutes les photos ratées avaient comme seul fautif mon appareil. Non. Mais à l’inverse toutes les photos ratées n’étaient pas systématiquement dû au photographe.

Le fait que mon premier appareil ait été un reflex ne m’a pas aidé à analyser correctement le problème.

Pour moi, un reflex était ce qui se faisait de mieux (et c’est toujours le cas) donc pourquoi moi, modeste amateur, j’irais remettre en cause quelque chose de s’y perfectionner.

Après tout, les ingénieurs de chez Canon (non ce n’est pas un article sponsorisé, mais juste la marque de mon premier reflex) se sont fatigués pour nous pondre des algorithmes hyper méga sophistiqués. Il faudrait être bête pour ne pas les mettre à profit en utilisant tous les automatismes offerts par mon appareil flambant neuf.

Ahh, quel naïf, tu faisais Jérémy. 🙁

Le déclic est venu lors d’une discussion sur la photo avec un ami. On parlait justement des difficultés qu’on rencontrait au quotidien.

Lui possédait un compact moyen de gamme donc beaucoup moins sophistiqué que le mien. Et pourtant, on a comparé quelques-unes de nos photos et Oh stupeur !!! Il avait exactement les mêmes problèmes que moi alors que j’avais un matériel bien plus cher.

J’ai fait quelques recherches pour m’apercevoir que des modes semi-auto et manuel permettaient de prendre le contrôle sur tout ou partie de mon appareil.

À partir de ce moment-là, ma pratique de la photo a été complètement chamboulée.

Je vous propose de découvrir les bienfaits de ces recherches au travers de 3 articles qui vous permettront d’oublier complètement le mode Automatique

Si vous êtes ici, c’est que vous souhaitez aller plus loin en photo. Passer un cap comme on dit. Maîtriser le rendu de vos photos.

Ce cap s’appelle la CRÉATIVITÉ.

Malheureusement, pour y arriver, il va falloir abandonner le confort du mode AutomatiqueIl est impossible d’être créatif avec ce mode puisque c’est votre appareil photo qui décide de tout à votre place.

Il va falloir passer aux modes semi-auto voir manuel.

Mais avant cela, ne brûlons pas les étapes.

Avant d’écrire une lettre, un article de blog, un commentaire ou même un livre, l’étape obligatoire est “Apprendre à écrire”. Pour la photo, il n’y a aucune raison de faire différemment. Il faut obligatoirement apprendre à écrire avec la lumière pour faire de belles photos.

Il est donc primordial de comprendre comment fonctionne l’exposition d’une photoPour ne pas faire un article trop long, je vais partitionner ce thème en 3 parties. Ceci vous permettra d’avoir le temps d’assimiler le contenu d’un article avant de passer au suivant.

  1. Les 3 paramètres fondamentaux
  2. Le Triangle d’exposition
  3. Les modes semi-auto et manuel

Dans ces 3 articles, il va y avoir un peu de techniques et je sais que certains d’entre vous y sont allergiques. Mais je veux que vous ayez bien en tête qu’ils vont vous permettre de comprendre la lumière, de composer avec elle pour ensuite laisser libre cours à votre créativité.

Aller, c’est parti !!!

Les 3 paramètres fondamentaux

  • L’ouverture du diaphragme
  • La vitesse d’obturation
  • La sensibilité ISO

Ces 3 paramètres sont au centre de l’exposition d’une photo, mais également de son rendu artistique.

 

1- L’ouverture du diaphragme

Influence sur la lumière

L’ouverture du diaphragme s’exprime de la manière suivante : f/2,8

  • f abréviation de “focale”
  • 2,8 étant le chiffre permettant de connaître la taille de l’ouverture

Cette écriture porte souvent à confusion parce qu’elle semble marcher à l’envers. 

C’est-à-dire, plus le chiffre est petit (ex: f/1,8), plus l’ouverture du diaphragme est grande.

Et inversement, plus le chiffre est grand (ex: f/11), plus l’ouverture du diaphragme est petite.

En réalité, l’explication est toute simple puisqu’il s’agit d’une fraction : on divise la focale “f” (ex: 85mm) par la valeur de l’ouverture (ex: 1,8) pour obtenir le diamètre d’ouverture du diaphragme. Donc, forcément, fraction oblige, plus la valeur d’ouverture est grande, plus la valeur de la fraction et donc l’ouverture du diaphragme est petite.

Comment passer au mode Manuel en 3 étapes

Chaque fois que vous passez à un diaphragme inférieur (exemple, en passant de f/4 à f/2,8), la quantité de lumière atteignant le capteur est multipliée par deuxInversement, elle est divisée par deux si vous passez à un diaphragme supérieur.

 

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu:   Exposition Flash - Démystification en 5 étapes (29/52)

Influence sur la photo

En plus de contrôler la quantité de lumière entrant dans l’objectif, ce paramètre permet également de contrôler La Profondeur de Champs.

Comprenez par là : la zone de la photo qui sera complètement nette avant de laisser place à un flou progressif.

Plus l’ouverture du diaphragme est petite, plus la profondeur de champ est grande.

Plus l’ouverture du diaphragme est grande, plus la profondeur de champ est petite.

Pour illustrer mon propos, voici deux photos prises avec deux ouvertures différentes.

Comment passer au mode Manuel en 3 étapes

ISO 160 – f/2.8 – 1/100s

Sur cette photo, la profondeur de champ est vraiment très étroite puisque si vous observez bien le bisounours vert, ces deux bras commencent déjà à être légèrement flou et je ne parle même pas de son acolyte dans le fond. Par contre, il se détache très clairement de l’arrière-plan.

 

Comment passer au mode Manuel en 3 étapes

ISO 500 – f/8 – 1/800s

Ici, le bisounours vert est entièrement net et son pote bien plus visible qu’avec une ouverture à f/2.8. Par contre, sur cette photo le bisounours vert se détache beaucoup moins du fond que sur la première photo. Le rendu esthétique est totalement différent.

 

Jouez avec de grandes ouvertures demandera une attention toute particulière sur l’endroit de la mise au point. La zone de netteté étant relativement étroite (parfois quelques millimètres pour une ouverture à f/1,8) à grande ouverture, il est très facile de rater sa mise au point surtout si vous photographiez un enfant qui peut à tout moment bouger et ainsi sortir de cette zone de netteté.

Si vous regardez attentivement le portrait de cette adorable petite fille, la zone de netteté est vraiment étroite. Ces oreilles sont déjà bien floues. Un léger mouvement de sa part et la photo aurait été ratée.

Comment passer au mode Manuel en 3 étapes

Photo prise à grande ouverture (f/1,8) pour que la profondeur de champ soit relativement petite. Je voulais ici rajouter de la douceur à ce portrait et vraiment donner de l’importance à ce regard.

En résumé

  • Petit nombre = grande ouverture du diaphragme = faible profondeur de champ => Petite zone de netteté et beaucoup de lumière !
  • Grand nombre =  petite ouverture du diaphragme = grande profondeur de champ => Très grande zone de netteté et peu de lumière !

 

2- La vitesse d’obturation

Influence sur la lumière

La vitesse d’obturation s’exprime en fraction de secondes voir en secondes pour les vitesses les plus lentes. Vous la trouverez sous la forme 1/60s, 1/100s, 1/1000s…

Comme vous vous en doutez, plus le résultat de la fraction est petit, plus la vitesse est rapide. Ex: 1/60s est une vitesse quatre fois plus lente que 1/240s.

Ce paramètre va vous permettre de contrôler la durée pendant laquelle le capteur de l’appareil photo va capter la lumière. En d’autres termes, c’est la durée nécessaire pour que l’appareil prenne la photo.

Naturellement, plus la vitesse est lente, plus le capteur capte de lumière.

Et inversement, plus la vitesse est rapide, moins le capteur capte de lumière.

 

Influence sur la photo

Hormis le faite de gérer la durée pendant laquelle on laisse entrer la lumière, la vitesse d’obturation permet également de figer le mouvement.

Une vitesse rapide (ex: 1/600s) va permettre de figer le mouvement d’un enfant en train de courir par exemple.

Le capteur n’imprime ce qui se passe que pendant quelques millièmes de secondes.

Comment passer au mode Manuel en 3 étapes

À l’inverse, une vitesse lente (ex: 1/60s) va permettre au capteur d’enregistrer ce qui se passe pendant un temps plus long. Ce qui peut être très intéressant dans des conditions de faible luminosité.

Mais si nous reprenons l’exemple de l’enfant qui court, cette fois-ci il sera totalement flou. C’est ce qu’on appelle le flou de mouvement.

La vitesse d’obturation n’est pas assez élevée par rapport aux mouvements de l’enfant ce qui ne permet pas de le figer.

comment passer au mode Manuel en 3 étapes

ISO 125 – f/4,5 – 1/80s

Sur cette photo, on voit bien que l’enfant est totalement flou. La vitesse était beaucoup trop lente pour figer sa course. Une valeur de 1/400s aurait été bien plus judicieuse.

En résumé

  • Vitesse lente = plus de lumière entrant dans l’objectif => Plus de flou de mouvement !
  • Vitesse rapide = moins de lumière entrant dans l’objectif => Fige le mouvement !

 

3- La sensibilité ISO

Influence sur la lumière

La sensibilité ISO (International Standard Organization) mesure le niveau de sensibilité d’un élément à la lumière.

En photo numérique, cette sensibilité permet de rendre votre capteur plus ou moins sensible à la lumière amenée par l’objectif.

Une faible sensibilité du capteur à la lumière correspond aux valeurs ISO les plus basses (ex: 100 ou 200 ISO). Ces valeurs sont principalement utilisées dans le cas de forte luminosité (ex: en extérieur par beau temps).

Une forte sensibilité du capteur à la lumière correspond aux valeurs ISO les plus élevées (ex: 1600 ISO et au-dessus suivant la qualité de l’appareil).

Ces valeurs permettent de photographier dans des conditions de faibles luminosités (en intérieur, le soir dans la rue…).

Vous devez voir ce paramètre comme un affinage de l’exposition de la photo.

Si la vitesse et l’ouverture ne peuvent plus être touchées parce que vous recherchez un rendu particulier, c’est ce paramètre qu’il faudra modifier pour affiner l’exposition générale de la photo.

 

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu:   Comment faire une mesure de lumière efficace ? (7/52)

Influence sur la photo

Ce paramètre est beaucoup plus subtile que l’ouverture du diaphragme et la vitesse d’obturation. C’est pour cette raison que je le traite en dernier.

Comme on l’a vu dans cet article :

  • Si vous voulez un joli flou d’arrière-plan, il vous suffit de choisir une grande ouverture de diaphragme.
  • Si vous voulez figer le mouvement, il vous suffit de choisir une vitesse d’obturation rapide.

Par contre, au moment de choisir la sensibilité ISO, la question est différente. Il est impossible de vous dire de choisir telle sensibilité ISO pour répondre à un rendu artistique précis. Ce paramètre va seulement vous permettre de récupérer ou d’enlever de la lumière pour obtenir une bonne exposition.

La seule règle à appliquer est d’utiliser la sensibilité ISO la plus basse possible pour obtenir une bonne exposition.

Une sensibilité ISO basse (inférieure à 800 ISO pour la grande majorité des appareils photos) n’engendrera que très peu de dégradation.
Par contre, une sensibilité ISO élevée (supérieure à 800 ISO) pourra dégrader de façon plus ou moins importante la photo.

On appelle cette dégradation du “Bruit Numérique” qui était plutôt esthétique à l’époque de l’argentique, mais qui l’est beaucoup moins à l’ère du numérique.

Je vous mets deux photos prises au même moment, avec le même appareil et les mêmes conditions de lumière. Pour chaque photo, je vous ai mis un zoom sur la belle Minie pour bien voir cette dégradation.

ISO 500 – f/4 – 1/30s

Je vous invite à cliquer sur les photos pour les agrandir et vous apercevoir qu’à cette valeur ISO il n’y a pas de dégradations de l’image.

ISO 25600 – f/4 – 1/400s

Ici, la valeur ISO est très élevée pour les besoins de l’exemple. Habituellement, je n’utilise jamais une telle valeur sauf dans certaines conditions vraiment extrêmes. Vous pouvez constater la très forte dégradation de l’image.

Le résultat est probant. Pour l’exemple, j’ai utilisé une valeur ISO à 25600 mais selon votre appareil (bas, moyen ou haut de gamme), la dégradation ne sera pas la même et cette valeur ISO très élevée ne sera même pas proposée.

En résumé

  • Sensibilité ISO basse = capteur peu sensible à la lumière => Aucune dégradation de l’image !
  • Sensibilité ISO élevée = capteur plus sensible à la lumière => Dégradations plus ou moins importantes de l’image !

 

Pour conclure

Vous connaissez maintenant l’influence de la vitesse d’obturation, de l’ouverture du diaphragme et de la sensibilité ISO sur vos photos.

La suite logique est de savoir comment s’accordent ces 3 paramètres pour calculer l’exposition d’une photo.

C’est ce que je vous propose de découvrir dans la deuxième partie qui traitera du Triangle d’Exposition.

Cet article sera décisif puisqu’il vous donnera les clés pour composer efficacement avec la lumière et prendre les bonnes décisions.

Petite Exercice pour patienter !!!

Mettez votre appareil en mode Auto.

Oui, je sais, on est dans l’article “Stop au mode Auto” et je vous demande de faire l’inverse. C’est bien vous êtes attentif, mais pas complètement. Je vous ai conseillé de ne pas brûler les étapes. On dira adieu au mode Auto dans la troisième partie. Patience !!! 😉

Prenez une photo d’un objet.

Analysez le résultat et le réglage des 3 paramètres sélectionnés par l’appareil.

Refaite l’exercice plusieurs fois en choisissant des conditions de lumières différentes.

Comparez les résultats. Vous allez très vite vous rendre compte que dans certains cas, l’appareil a fait des choix très surprenant. Particulièrement, lorsque la lumière vient à manquer.

Reprenez seulement la partie “Résumé” de chaque paragraphe de cet article et essayez d’analyser les décisions qu’a prises votre appareil.

Ensuite, essayez de réfléchir aux choix que vous auriez fait à sa place.

Cet exercice est une introduction à la prochaine partie. Vous allez comprendre les choix qui ont été faits par votre appareil et comment les éviter.

Je vous invite à suivre le lien ci-dessous pour continuer votre quête vers l’abandon du mode automatique :
La maîtrise du Triangle d’Exposition.

N’hésitez pas à partager en commentaire vos observations sur ce petit exercice.


Cliquez sur ce lien pour consulter la deuxième partie


 

 

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Cet article a 2 commentaires

  1. J’ai choisi de prendre pour l’exemple une fève en porcelaine. Mon appareil choisi automatiquement une vitesse basse 1/60, une grande ouverture f4.2 et règle l’ISO en fonction de l’endroit où je me trouve. A la clarté 800 ISO, ce qui est peut etre déjà trop important? et à l’obscurité entre 2500 et 4000 ISO…

    1. Bonjour,

      Tout dépends de votre appareil photo. 2500 et 4000 ISO sont des sensibilités très élevées et vous aurez pas de bruits numérique sur vos images. Par contre, à 800 ISO la plupart des appareils récents arrivent à bien atténuer la présence de bruit.
      Après, je ne sais pas l’objectif que vous avez utilisé mais en ouvrant encore plus le diaphragme, il aurait été possible de faire entrer un peu plus de lumière pour permettre d’utiliser une sensibilité ISO moins élevée.

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