Savoir utiliser efficacement le Flash Cobra (28/52)

La pratique de la photo au flash Cobra appelée aussi Strobisme est un sujet très vaste. Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que je suis un adepte de la lumière naturelle.

Malheureusement, certaines fois, il est quasiment impossible d’avoir de belles images sans avoir recours à au moins une source de lumière artificielle. Mais, faut-il savoir comment l’utiliser.

Pour ce faire, j’ai décidé de lancer une série de 3 articles qui feront partis de mon Défi 52 astuces photo en 52 semaines.

L’objectif de ces articles est de vous donner les connaissances suffisantes pour utiliser efficacement un Flash Cobra :

  • monté sur la griffe de votre appareil photo
  • en déporté sur un pied à lumière par exemple

Ce qui conviendra à la plupart des usages. Si, bien évidemment votre but est de faire de la photo studio, ces articles seront une bonne introduction. 😉

Allez, c’est parti !!! 😉
Avant même de parler de type de flash, de puissance, d’orientation, de placement… il est important de connaître la différence entre une lumière dure et une lumière douce.

Différence entre lumière dure et douce

Cette connaissance de la lumière est nécessaire pour la suite de cet article, mais pas seulement.
Le concept de lumière dure ou douce est valable pour n’importe quelle source de lumière qu’elle soit artificielle ou naturelle et c’est ce que nous allons voir.

La lumière Dure

Flash Cobra

Comme vous le voyez sur cette photo, la lumière dure engendre une démarcation très nette entre ombre et lumière. La transition d’une zone lumineuse à une zone d’ombre est très nette et très marquée ce qui laisse apparaître des poches sous ces yeux.
Certaines couleurs apparaissent également un peu délavées.

La lumière Douce

Flash Cobra

Dans cette condition de lumière, la transition entre lumière et ombre est beaucoup plus douce sans forte démarcation.
Ici, j’ai juste fait en sorte d’amener la petite Justine à l’ombre d’un arbre pour obtenir cette belle lumière.

La différence majeure

Elle vient principalement de la taille de la source de lumière par rapport au sujet photographié.

Prenons un cas concret que tout le monde a déjà rencontré: la photo en plein soleil.
Pour ceux qui ne le savent pas, le soleil est considéré comme une source de lumière très dure surtout quand il est au plus haut dans le ciel.

Pourquoi ?
Il se trouve très loin de nous. Cette source de lumière qui nous éclaire est finalement un tout petit point dans le ciel. C’est pour cette raison que les photos prises en plein soleil font apparaître sur le visage des ombres très marquées sous les yeux ou le nez par exemple.

Maintenant, si dans ce même cas, vous venez placer un diffuseur entre votre sujet et le soleil.
Voici, à quoi ressemble un diffuseur de lumière. Vous avez également des réflecteurs avec ce pack.

Flash Cobra

Il viendra, comme son nom l’indique, diffuser la lumière.
En d’autres termes, c’est lui qui deviendra la source de lumière principale à la place du soleil. Et, comme il se trouve beaucoup plus proche du sujet que le soleil, cette source de lumière sera obligatoirement plus grande et donc la lumière envoyée sur votre sujet sera beaucoup plus douce et flatteuse.

Une seule règle à retenir:

  • Plus la source de lumière est grande, plus la lumière utilisée sera douce.

Bon, maintenant entrons dans le vif du sujet.

 

Le Flash Intégré

Et pour commencer, j’aimerais régler rapidement le cas du flash intégré à la plupart des appareils photo.

C’est tout simple, il est à proscrire !!! 😉
Oui, je sais, c’est un peu brutal à entendre, mais vous allez voir tout au long de cette série d’articles que le flash cobra est tellement plus polyvalent et agréable à utiliser que ce fameux flash intégré. Et, surtout, les résultats sont bien meilleurs et c’est, avouons-le, le principal.

Alors, pourquoi ne faut-il pas l’utiliser ?

  • Petite taille: il est tout petit et comme nous venons de le voir, plus la source est petite par rapport au sujet, plus la lumière sera dure. Et, le flash intégré n’échappe pas à cette règle.
  • Non orientable: la lumière sera toujours envoyée dans l’axe. Et pour tuer tous les détails et les reliefs d’un sujet, rien ne vaut une lumière venant uniquement de l’axe.
  • Difficilement modifiable: c’est à dire, qu’il y a très peu d’accessoires à fixer dessus pour modifier sa lumière voire agrandir sa taille.
  • Peu puissant: ici aussi, c’est très simple à comprendre. Plus votre flash est puissant, plus il vous offrira de possibilités lors de son utilisation notamment en très basse luminosité.

Donc pour résumé, sauf, si vous n’avez vraiment vraiment vraiment pas le choix, n’utilisez jamais le flash intégré.

Il est toujours préférable de flirter avec une vitesse d’obturation basse en tenant correctement son appareil pour un maximum de stabilité ou une sensibilité ISO un peu trop haute plutôt que de dégainer le flash intégré qui vous fera de toute façon des photos très médiocres.

 

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1- Le Flash Cobra

Flash Cobra

Par rapport au flash intégré à votre appareil photo, il est bien plus puissant et possède plus de fonctions. Il est également orientable et modifiable.
Mais, il reste malgré tout une petite source de lumière comme vous pouvez le voir sur la photo.

Et qui dit petite source de lumière, dit lumière très dure et peu flatteuse.
Oui, je me répète mais c’est vraiment important. Avoir cette règle en tête vous permettra de mieux appréhender la lumière.

Mais, l’énorme avantage de ce flash réside dans ces accessoires et les différentes utilisations que l’on peut en faire.
Sa tête étant orientable, vous pouvez facilement agrandir cette source de lumière en la projetant sur un mur, pour que celui-ci devienne la source principale.

L’autre avantage est la possibilité de l’utiliser soit directement sur votre boîtier soit en déporté. Ce qui ouvre pas mal de possibilités créatives.

Ne vous inquiétez pas, j’y reviens plus tard. Ne sautons pas les étapes ! 😉

Il est également doté d’une cellule infrarouge projetant des points ou traits rouge sur votre sujet. Tout simplement pour permettre à l’objectif d’avoir un point d’accroche pour faire sa mise au point dans des conditions de faible luminosité.

 

2- Sa Puissance

Je m’en excuse par avance pour ceux étant allergique à la technique, mais malheureusement ce passage est obligatoire.
Par chance, le point technique ne sera pas très long et il n’est finalement pas si difficile à comprendre. 😉

Le Nombre-Guide

Le nombre-guide caractérise la puissance maximale de l’éclair produit par le flash.

Vous le trouverez souvent sous sa forme abrégée NG.
La puissance du flash permet de connaître la distance maximale pour laquelle votre photo sera correctement exposée.

Le nombre-guide est le produit de la distance en mètre et de l’ouverture du diaphragme de l’objectif.

NG = d x F
d est la distance entre le flash et le sujet et F la focale de l’objectif

Exemple concret:
Si je photographie un sujet situé à 3 m avec une ouverture du diaphragme à f/4, j’aurai besoin d’un flash offrant un nombre-guide au moins égal à 12.
Par contre, si j’ouvre à f/8, il me faudra un flash avec un NG de 24. Donc, beaucoup plus de puissance pour parcourir les 3m.

Si le NG est inférieur à la valeur nécessaire, la puissance du flash ne sera pas suffisante pour éclairer votre sujet.
Le résultat sera donc une photo trop sombre et donc sous-exposée.

C’est pour cette raison que si vous essayez de prendre un chanteur, lors d’un concert, en étant à 10m de la scène, la photo sera sombre. Le flash n’est pas assez puissant pour émettre une lumière suffisante qui ira correctement éclairer ce sujet à cette distance.

Donc, retenez ceci:
Si on ouvre deux fois moins le diaphragme (passage de f/4 à f/8 par exemple), on divise par deux la distance maximale d’éclairage.

Pour être complet, la sensibilité ISO peut également jouer sur cette distance. Il faut savoir qu’on double la distance d’éclairage si on quadruple la sensibilité ISO (passage de 100 à 400 ISO par exemple).
En règle générale, les constructeurs communiquent le nombre-guide pour une valeur à ISO 100.

Sachez également qu’un flash ayant un NG compris entre 30 et 40 couvrira la plupart des situations.

La puissance du Flash Cobra

Généralement, elle s’étend de “1/1” qui correspond à la pleine puissance jusqu’à “1/128” qui est sa plus faible puissance.
De la même manière que pour l’exposition sur votre appareil, elle fonctionne par tiers de palier.

Donc, pour passer de la pleine puissance à “1/2” (demi-puissance), il est nécessaire de modifier de 3 paliers celle-ci.
Dans ce cas précis, vous divisez par deux l’intensité lumineuse envoyée par le Flash.

1/1 – 1/2 – 1/4 – 1/8 – 1/16 – 1/32 – 1/64 – 1/128 sont les paliers importants à connaître parce que le passage de l’un à l’autre permet de doubler ou diviser par deux l’intensité lumineuse envoyée par le flash.

 

3- Le Zoom du Flash Cobra

Il faut savoir que le flash cobra possède une fonction de zoom à la différence du flash intégré.
En règle générale, son zoom peut aller de 24 à 105mm.
C’est ce qu’on appelle l’angle de diffusion permettant à toutes les zones de l’image d’être éclairées.

Par exemple, si vous photographiez avec une focale à 50 mm, le zoom du flash se fixera également à 50mm pour assurer une lumière homogène sur toute l’image.

Par contre, si vous souhaitez illuminer une zone très ciblée tout en ayant un cadrage large pour créer un effet particulier, il faudra concentrer le flash sur cette zone en réglant le zoom à son maximum (ex: 105mm) et utiliser une focale plus petite (ex: 24mm).

Autre exemple. Si vous souhaitez, comme on l’a vu tout à l’heure, vous servir d’un mur comme réflecteur, réglez le zoom du flash sur 24mm pour avoir une lumière plus large et ainsi éclairer le maximum de surface du mur.

 

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4- Quel mode utiliser et quand ?

Le mode TTL

C’est en réalité, le mode automatique du flash cobra.
Pour faire simple, ce mode permet au flash de communiquer avec l’appareil photo et ainsi régler la puissance et le zoom du flash automatiquement pour obtenir une bonne exposition.

Dans la pratique, le flash émet un “pré-éclair” qui lui permet de calculer la puissance nécessaire pour prendre la photo. Ce pré-éclair étant de très faible puissance et émis une fraction de seconde avant l’éclair principal, il est souvent imperceptible.

Quand l’utiliser ?

Ce mode est à utiliser lorsque le flash est fixé sur la griffe de votre appareil photo.

Comme vous allez bouger par rapport à votre sujet, il sera nécessaire de modifier la puissance du flash en conséquence. Et oui, comme on l’a vu tout à l’heure, la puissance du flash est dépendante de la distance qui le sépare du sujet.

Donc, il ne vous faudra pas la même puissance flash si vous êtes à 3m du sujet ou à 1m.
Et, comme pendant une séance photo, vous bougez beaucoup pour chercher les meilleurs angles de vue, le mode TTL le fera pour vous à chaque fois que vous prendrez une photo.

L’énorme inconvénient, c’est qu’il faudra constamment trouver un objet sur lequel faire rebondir la lumière. Pour éviter d’envoyer la lumière uniquement dans l’axe, mais également pour agrandir la taille de la source de lumière.

Le mode Manuel

Il vous permet de prendre le contrôle sur tous les réglages du flash. Et principalement sur la puissance et le zoom dont on a parlé un peu plus haut dans cet article.

C’est l’équivalent du mode “M” de votre appareil photo.

Quand l’utiliser ?

Principalement en déporté. C’est à dire, lorsqu’il est placé sur un pied à lumière et non plus sur votre boîtier.
Il permet de garder une même exposition peu importe votre position par rapport au sujet.

C’est ce qui est fait en studio. On place le modèle devant un fond avec un ou plusieurs flashs qui viendront l’éclairer.
Le photographe prend quelques minutes pour régler les différentes sources de lumière pour obtenir l’exposition voulue. Une fois cette étape effectuée, il peut se placer à n’importe quelle distance du modèle, le photographe est absolument certains de toujours avoir la même exposition puisque la distance flash / sujet ne change pas ou très peu.

C’est aussi pour cette raison que le mode Manuel n’est quasiment jamais utilisé lorsque le flash est placé sur le boîtier.

Faites l’essai et vous allez vite vous rendre compte de la problématique. À chaque fois que vous allez modifier la distance entre vous (plus exactement le flash placé sur votre boitier) et votre sujet, il sera nécessaire d’ajuster la puissance manuellement en plus de gérer les réglages de l’appareil photo.

Ce qui, vous en conviendrez, devient vraiment ingérable en conditions réelles. Croyez-moi d’expérience, le mode TTL le fera plus vite et mieux que vous. 😉

 

En résumé

Voici les points très importants à retenir:

  • Plus la source de lumière est grande, plus la lumière envoyée sur votre sujet sera douce et flatteuse
  • Un Nombre-Guide situé entre 30 et 40 permettra à votre flash cobra de palier à la plupart des situations
  • L’ouverture du diaphragme et la sensibilité ISO ont un impact fort sur la puissance du flash et plus particulièrement sur la distance parcourue par la lumière
  • Le mode TTL (automatique) est à utiliser uniquement lorsque le flash cobra est monté sur la griffe de votre appareil photo
  • Le mode Manuel est lui à utiliser dès que le flash cobra est en déporté.

Voilà pour la présentation du Flash Cobra.
Le prochain article qui sera l’astuce 29 de mon défi traitera de l’exposition au Flash.

Surtout, n’hésitez pas à utiliser les commentaires ci-dessous si vous avez la moindre incompréhension. Je serais ravi de vous répondre.

 


Cliquez sur ce lien pour consulter l’astuce N°29


 

 

 

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